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28 octobre 2007

Dans les supermarchés, les électeurs

Ces temps de campagne électorale nous ont permis de voir les politiciens à l'œuvre dans les marchés et autres lieux de rassemblement. Les Verts, les plus décomplexés, reconnaissables de loin avec leurs tournesols et leur t-shirts... verts à croix blanche; les socialistes les plus actifs et joyeux; les popistes les plus visibles (mais aussi les plus rares) avec leurs pancartes sur les épaules... et la droite la plus mal à l'aise, attendant l'électeur derrière son stand comme si elle vendait des articles que les badauds s'arracheraient.
Mais un point commun à tous: l'utilisation, et l'animation, du domaine public, lieu de rencontre avec la population. Ou avec une certaine population. Car si les marchés de Lausanne ou de Vevey sont courus, les foules se pressent aussi dans les supermarchés de périphérie. Des lieux pourtant généralement interdits de politique.
Et le problème ne se pose pas que dans les villes. Auparavant, à Avenches ou à Oron, vous croisiez les électeurs dans la rue. Mais ici aussi, Coop et Migros se sont installées hors les murs, pas bien loin certes, mais avec parking et hors du domaine public.
C'est un vrai problème. Déjà que les électeurs ne sortent plus des bureaux de vote depuis le vote par correspondance (qui est une bonne chose), comment les rencontrer s'ils ne sont plus non plus dans la rue, mais dans leurs voitures, entre leur domicile, le fitness et le supermarché? Or ce contact est utile durant une campagne et il permet de maintenir un lien direct entre politiciens et public.
Le seul moyen: puisque les supermarchés sont les nouvelles places de villages, pourquoi ne pas les obliger à mettre à disposition de l'espace que les français appelleraient citoyen, pour que la démocratie, que l'on veut directe dans ce pays, puisse continuer à vivre?

03 septembre 2007

Gaspi mobile

Les Suisses ne sont pas si voraces de téléphones portables. Alors que divers articles nous disaient que leur durée de vie moyenne n'était que de 9 mois, Martin Lehmann, le jeune patron de Mobilezone, nous affirme dans une interview parue dans le Temps (lien sur une archive payante, eh!oui...) que les Suisses changent de mobile tous les 20 mois, durée qui pourrait descendre progressivement à un an. Et M. Lehmann, on le comprend, de s'en réjouir.
Il nous confirme également que les opérateurs ont bien de la peine à supprimer le système qu'ils avaient mis en place dans les débuts de la téléphonie mobile, à savoir "offrir" un téléphone à la conclusion d'un abonnement. En fait d'"offrir", disons plutôt qu'ils vendent à tempérament, l'abonnement mensuel et le prix élevé des conversations finançant l'appareil.
Cette pratique devrait pourtant cesser. Elle a pour effet de cacher le vrai prix du portable et de rendre peu transparents les tarifs des opérateurs. Comment en effet faire des comparaisons quand abonnement et prix à la minute couvrent également d'autres prestations, non chiffrées? Et combien de personnes sont convaincues d'avoir obtenu un portable pour zéro francs alors qu'elles ont signé un contrat trop cher sur deux ans? Voire qu'elles continuent à payer le contrat précédent...
Elle a surtout pour effet de pousser à la consommation de téléphones, contenant toutes sortes de matériaux chers et hautement polluants. Du vrai gaspillage.
A quand des tarifs couvrant les véritables coûts d'une conversation et des téléphones vendus à leur vrai prix? Comme cela se fait pour un téléviseur...
On en est loin: aucun opérateur ne propose aux privés un abonnement tout simple, sans offre combinée avec un téléphone.

06 août 2007

Les frontières du téléphone mobile

1 fr. 50 la minute pour appeler en Suisse depuis la France avec son mobile Swisscom; et 60 centimes lorsqu'on vous appelle depuis la Suisse. Comment justifier de tels tarifs? Par l'absence de concurrence et, surtout, l'absence de contrôle. Rien de tel dans l'Union européenne qui a imposé des tarifs maximum d'itinérance: à terme 43 centimes d'euro pour appeler à l'étranger, et 19 centimes pour être appelé. Selon la commissaire chargée de la société de l'information et des médias, ces tarifs suffisent à rémunérer l'opérateur du pays de départ de la communication, les couts de connexion et l'opérateur du pays de destination. On la croit bien volontiers. Les opérateurs européens n'ont d'ailleurs guère protesté; les arguments doivent leur manquer.
Bien sûr, pour créer un grand marché, il faut abolir les frontières, et les tarifs des télécoms en sont une. Mais la Suisse a gardé ses frontières avec l'Europe communautaire. Celle des télécoms aussi, même si les autorités seraient en mesure d'imposer des tarifs maximum, comme le fait l'Union européenne.

11 juillet 2007

Ecoute de la musique, paie et tais toi!

Ainsi donc, les lecteurs MP3 seront taxés. Une décision contestable, mais qui en dit long sur la difficulté à se positionner clairement face aux nouvelles technologies.
En soi, le fait qu'il soit possible de charger de la musique sans s'être acquitté des drotis d'auteur n'est pas un motif suffisant pour taxer l'appareil sur lequel cette musique est stockée. Ou alors faudrait-il au moins renoncer aux autres formes de taxation pour éviter que les gens honnêtes ne paient deux fois.
Car c'est bien là le problème. Nombre de mélomanes achètent des CD et les recopient sur d'autres supports pour leur seul usage. Ceux-ci s'acquittent donc du droit d'auteur à l'achat du CD, puis à l'achat du lecteur MP3. D'autres téléchargent de la musique sur des sites "officiels", et s'acquittent donc des droits. Ce système pénalise en outre celui qui change souvent de matériel, ou qui se l'est fait voler, puisqu'il payera une nouvelle fois lorsqu'il renouvelle son équipement.
Et on ne dit rien de la difficulté à délimiter les appreils soumis: les ordinateurs ne le seront pas - alors qu'ils peuvent être utilisés pour télécharger de la musique et comme chaine hi fi de salon. Et les téléphones mobiles dont la plupart intègrent des lecteurs très performants? Ils possèdent généralement trop peu de mémoire en configuration de base, mais peuvent facilement être boostés en changeant de carte. On sait que tout le monde n'utilise pas toutes les fonctionnalités de son téléphone...
Cet épisode est d'autant plus rageant qu'il conforte les producteurs de musique dans une attitude princière. En vendant la musique à des prix prohibitifs, en surprotégeant les morceaux contre la copie (empêchant ici aussi des utilisations parfaitement licites), ils poussent les plus jeunes à télécharger de manière sauvage.
Bien sûr, ils pouvaient auparavant vendre au prix fort un album contenant 80% de daube et 20% de succès confirmés. Bien sûr, en téléchargeant, les clients ne choisissent que ce qui leur plaît, et c'est leur droit.
Mais pourquoi venir donner raison aux majors dans ce mépris du consommateur?